QUÉBÉCOIS ET VALENCIEN : PARALLÉLISMES
TRAVAIL FINAL
INTRODUCTION AU QUÉBEC
QCF 1050
Professeur : Dominic Marion
Élève : Laura Garcia Alvarez
Session : Automne 2023
SOMMAIRE
2. ANALYSE DE LA MUSIQUE « LÉGITIME »
2.1 BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR_______________________________________________
2.2 LA CHANSON ET LE CONTEXTE___________________________________________
3. ANALYSE DE LA MUSIQUE « CONTESTATAIRE »
3.1 BIOGRAPHIE DES AUTEURS_______________________________________________
3.2 LA CHANSON ET LE CONTEXTE___________________________________________
4. CONCLUSION
1. INTRODUCTION
Toutes les langues qui sont en contact conduisent à un conflit linguistique et culturel. C’est le cas du bilinguisme, qui emmène à la diglossie. Cela l’a démontré le sociolinguiste espagnol Rafael Ninyoles (València 1943-2019). Dans ce travail on analysera deux communautés bilingues, le Québec et les Pays Catalans, à travers l’étude des parallélismes et les manifestations culturelles. Les objets d’étude sont deux chansons québécoises et deux chansons valenciennes avec des thématiques en commun. Pour les comparer, on cherchera le contexte social qui nous emmènera aux réflexions.
On abordera différentes thématiques, comme la politique, la souveraineté, la langue comme question d’identité et le contraste multiculturel (Québec/ Canada- français, Espagne/ Pays catalans- catalan). Pour cela, on examinera des parallélismes entre la situation sociolinguistique du français et de l’anglais au Canada et de l’espagnol et le catalan à Valence (Espagne).
2. ANALYSE DE LA MUSIQUE « LÉGITIME »
D’abord, on fera une analyse détaillée des petits extraits des chansons choisies afin de comparer et de faire des rapports de la culture, la sociolinguistique, la politique et l’histoire de Québec et les Pays Catalans, notamment Valence.
On va analyser différents types de chanson. Dans un premier temps, on verra la musique « légitime ». Pour cela, on a comme objet d’analyse la chanson de Gilles Vigneault, en collaboration avec Gaston Rochon, « Gens du pays » (1975). Puis, on fera la comparaison avec la chanson valencienne « Llavors » du groupe « La Fúmiga » (2021).
2.1 BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Gilles Vigneault (Natashquan, Québec, 1928) est un poète, auteur, compositeur et interprète québécoise. Il a commencé à écrire quand il avait 13 ans et ses poèmes ont été publiés dans les magazines d’étudiants. Il étudie Lettres pour devenir enseignant mais, à part cela, il était aussi animateur à la télévision dans les émissions « Les invités du père Mathias » et « Sans atout » jusqu'en 1958. En plus, il est devenu directeur d’œuvres de théâtre. Après cela, il commence à faire chansons à partir ces textes, avec son premier succès « Jos Monferrand ». Il est une personne emblématique et un des artistes les plus importants du Québec. Son nom est dans des écoles, des rues et des bibliothèques.
2.2 LA CHANSON ET LE CONTEXTE
D’abord, pour contextualiser, il faut mentionner qu’en 1976, il y avait un gouvernement souverainiste au Québec : le Parti québécois, de René Lévesque. Plusieurs personnes, de plus en plus, se considéraient des Québécois et pas Canadiens français. D’un autre côté, comme on a vu au cours avec la conférence de Pierre Lavoie, chercheur postdoctoral de l’Université de Laval, quand on parle de « chanson québécoise », on fait référence à la production chansonnière francophone post-1960.
Après avoir expliqué ces concepts, on peut dire que « Gens du pays » est considérée un hymne national (non officiel) par beaucoup de Québécois. Yvon Deschamps, Louise Forestier et Gilles Vigneault ont chanté cette chanson le 23 juin 1976 sur le Mont-Royal à le spectacle « 1 fois 5 ». C’est en ce moment où les Québécois ont commencé à la chanter aussi, avec ce sentiment de fierté et amour par sa terre et sa langue. C’est exactement cette idée qu’on verra avec la chanson valencienne « Llavors ». On remarque ce sentiment commun dans le refrain :
REFRAIN
Gens du pays, c'est votre tour
De vous laisser parler d'amour
Gens du pays, c'est votre tour
De vous laisser parler d'amour
Comme Louise Forestier l’indique :
« Cette chanson, pour chacun d’entre nous, avait une signification extrêmement profonde »[1]
Elle a été associée au mouvement souverainiste du Québec et elle représente le rêve d’un Québec indépendant et la fierté d’être québécois. C’est pour cette raison qu’elle est chantée à chaque fête nationale, le 24 juin, et elle est aussi utilisée pour chanter « Happy Birthday ».
« C'est une chanson qui a remis ensemble beaucoup de gens dans les familles et qui a contribué à la convivialité.”
Une citation de Gilles Vigneault[2]
Pour faire le contraste avec le contexte valencien, on a choisi la chanson d’un des groupes valenciens les plus connus, La Fúmiga, concrètement la chanson « Llavors »[3] qui, en français, signifie « des graines ». C’est une métaphore qui fait référence aux origines, car elle parle de l’amour à son pays, sa culture et son identité (Valence).
EN VALENCIEN
Vull contar que eres especial No he trobat res igual Com no te vaig a estimar? I és que això és així Formes part de mi He crescut al teu costat M'has ensenyat tantes coses No et negaré que alguns volen Canviar el nostre destí Amb tu sempre em vull quedar País Valencià TRADUCTION
Je veux partager que tu es spécial Je n’ai rien trouvé comme toi Comment vais-je ne pas t’aimer ? Et c’est ainsi Tu fais partie de moi J’ai grandi avec toi Tu m’as appris tant de choses Je ne nierai pas que certains veulent Changer notre destin Je veux toujours rester avec toi Pays valencien | |||
Pour commencer, ce qui est intéressant de cette chanson est que pas tout le monde la comprend. La plupart des gens qui n’ont pas le sentiment d’être « valenciens » et moins « espagnols » (question d’identité aussi vue avec la chanson québécoise) pensent que cette chanson parle de l’amour à une personne. Néanmoins, cette chanson parle de l’amour à son identité, son pays et sa langue, comme on dit en valencien « la terreta ». Une fois qu’on l’a comprise, on ne l’écoutera plus jamais de la même façon.
En faisant référence à la chanson québécoise « Gens du pays », on peut dire que « Llavors » est comme un hymne pour les valenciens. Nous sommes fières de la chanter, de notre culture, qui est différente. On peut le relier ce dernier argument avec l’idée principale de Rocher-Marcotte (1997) :
« La Catalogne et le Québec forment l'un et l'autre une société culturellement et linguistiquement distincte au sein de leur pays respectif. »
3. ANALYSE DE LA MUSIQUE « CONTESTATAIRE »
D’abord, on analysera la chanson québécoise « Québécois », La Révolution Française (1969) et après, on fera la comparaison avec la chanson valencienne « Llengua » du groupe « Atupa » (2012).
3.1 BIOGRAPHIE DES AUTEURS
Angelo Finaldi, François Guy et Richard Tate sont les membres du groupe La Révolution Française, qui s’appelait Les Sinners avant. Ils sont les créateurs de la chanson « Québécois ». Émotion, richesse culturelle et énergie, c’est ce qui inspire cette chanson. La Révolution Française est un groupe qui a évolué beaucoup et qui a passé d’une identité musicale à une autre.
3.2 LA CHANSON ET LE CONTEXTE
Premièrement, il faut souligner que cette chanson exprime l’idée du désir des québécoise de choisir leur futur. Cette chanson est une des premières à aborder la thématique de la souveraineté. Outre, elle parle aussi de l’idée d’être une minorité dans un grand pays et de vouloir que cela change : « On ne sera plus minoritaires ». On verra cette même idée avec la chanson valencienne.
Comme il l’indique au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens :
« Québécois a passé 19 semaines sur les palmarès et sa mélodie accrocheuse et ses paroles populistes en ont fait une des chansons préférées des québécois. »
CHANSON
Québécois
Nous sommes Québécois
Le Québec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
En devenant plus solidaires
On ne sera plus minoritaires
Pourquoi faut-il se faire
La guerre mes frères ?
On peut la comparer avec la chanson valencienne du groupe Atupa « Llengua »[4] ('Langue'), une chanson qui parle de la problématique politique aux Pays Catalans, l’indépendantisme, la sociolinguistique et la lutte.
CHANSON
Tot el país situació de confrontació I qui parla d’independència és qui parla de solucions Nacions oprimides per culpa dels invasors El poble unit per a fer caure als traïdors Gràcies als que lluitaren abans per nosaltres Gràcies al jovent que dona forces per seguir TRADUCTION
Tout le pays en situation de confrontation Et ceux qui parlent d’indépendance sont ceux qui parlent de solutions Les nations opprimées à cause des envahisseurs Le peuple s’est uni pour faire tomber les traîtres Merci à ceux qui se sont battus pour nous avant Merci aux jeunes qui donnent la force de continuer |
Cette chanson aborde plusieurs thématiques. Cependant, on va juste nous concentrer dans celles qui ont des rapports avec la chanson québécoise qu’on a analysée. La première partie de la chanson fait des références historiques au passé de l’Espagne. Elle parle de l’importance de s’unir, de lutter pour ce qu’on veut obtenir. Avec cela, elle fait un appel aux jeunes pour continuer avec cette lutte et pour finir avec les inégalités. En plus, elle mentionne l’idée d’indépendance. Dans ce cas-là, on ne parle pas d’indépendance de Catalogne, on parle d’indépendance des Pays Catalans, qui est aussi une des réflexions de cette chanson : l’union de tous les territoires de l’Espagne dont la langue officielle est le catalan (Catalogne, Pays Valencien et Îles Baléares). Comme la chanson dit « On doit oublier les différences », « Il faut qu’on soit tous unis pour vaincre l’ennemi ».
REFRAIN
Al poble viu se'l veu lluitar Se'l sent cridar per defensar La llengua que sempre ha estimat Han intentat fer-la oblidar Han volgut mantindre'l callat I el poble continua endavant Mecanismes com la diglòssia han funcionat Sense educació: no hi ha llengües Sense la unitat no hi ha llengües Perquè mai siga oblidada. No ho podem consentir TRADUCTION
On voit lutter le peuple vivant On peut l’entendre crier pour défendre La langue qu’il a toujours aimée Ils ont essayé de nous faire oublier Ils voulaient nous faire taire Mais la ville n’abandonne pas Des mécanismes tels que la diglossie ont fonctionné Sans éducation : pas de langues Sans unité, il n’y a pas de langues Pour qu’elle ne soit jamais oubliée. Nous ne pouvons pas le consentir. | |||
Dans la deuxième partie qu’on a choisie de la chanson, on change la thématique. Maintenant, c’est la question linguistique. D’abord, elle fait référence à l’histoire du franquisme de l’Espagne, la dictature de Franco (1939-1975), où la langue catalane était interdite : censure. Comme l’explique le chercheur, docteur, traducteur et professeur Marc Pomerleau dans sa thèse :
« L’Espagne a vécu deux périodes de dictature, d’abord celle de Primo de Rivera (1923-1930) puis, des suites de la guerre civile (1936-1939), celle de Francisco Franco (1939-1975) ; ces périodes ont été particulièrement désastreuses pour la culture catalane ».[5]
Ces idées, on peut aussi les comprendre avec l’analyse sociologique « Le Québec traduit en Espagne ».[6]
La chanson explique que, malgré la répression, on continue la lutte. Puis, elle parle de la diglossie, fait qu’on peut aussi comparer avec la situation du français et l’anglais au Québec. On peut le relier avec l’hypothèse des contraintes d’une société bilingue. Par exemple, Rafael Lluís Ninyoles i Monyor, sociolinguiste valencien, l’explique dans son livre « Conflicte lingüístic valencià » (Conflit linguistique valencien) :
« Ça fait longtemps que le bilinguisme préoccupe les linguistes ».[7]
Finalement, elle revient à l’idée du début avec un argument circulaire : l’unité est primordiale pour évoluer, et aussi l’éducation, pour éviter le problème principal : l’ignorance.
4. CONCLUSION
Après avoir analysé quatre œuvres distinctes, il est possible de conclure que la situation sociolinguistique du Québec et des Pays Catalans présente des similitudes frappantes. Des chansons similaires dans les deux cultures mettent en lumière la réalité d'une langue minoritaire, souvent marginalisée et opprimée. Divers aspects tels que l'histoire, la politique, la culture, la langue, l'identité et le peuple démontrent une union entre ces deux communautés, malgré la distance géographique. C'est pourquoi les individus des deux populations parviennent à se comprendre et à s'identifier mutuellement.
À la suite de notre étude, nous pouvons conclure par les affirmations suivantes :
- La langue est le fondement d'une société. Si nous identifions la langue avec la culture, on voit que l'identité d'un peuple est marquée par sa manière d'interpréter la vie à travers sa langue : chaque langue offre une vision du monde différente.
- Le contact entre les langues conduit à, d'une certaine manière, des désaccords sociaux et culturels. Dans ce contexte, le sociolinguiste valencien Ninyoles a introduit le terme de « conflit linguistique », car même dans une société bilingue, il y a toujours l'oppression (ou la marginalisation) d'une des deux langues par rapport à l'autre.
- Un moyen d'expression très approprié pour revendiquer le sentiment identitaire est la musique. À travers la comparaison interculturelle, nous démontrons que tant au Québec comme aux Pays Catalans, des groupes de protestation sont apparus, utilisant certaines chansons comme symboles d'affirmation en tant que peuple et langue différente.
SOURCES
Digitaux
« Gilles Vigneault. Biographie » : https://www.nostalgie.fr/artistes/gilles-vigneault/biographie [Date de consulte : 7/12/2023]
« Gilles Vigneault. Biographie » : https://gillesvigneault.com/biographie/ [Date de consulte : 7/12/2023]
« Lecture inédite par Gilles Vigneault ! » (vendredi 16 septembre 2022). Bibliothèque et Archives nationales du Québec : https://www.banq.qc.ca/salle-de-presse/lecture-inedite-par-gilles-vigneault/ [Date de consulte : 7/12/2023]
« Québécois, nous sommes québécois », chanson disponible en Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens : https://www.cshf.ca/fr/song/quebecois/ [Date de consulte : 9/12/2023]
« Une chanson qui a marqué le Québec », Isabelle Turgeon, Radio-Canada, 20 juin 2022 : https://ici.radio-canada.ca/jeunesse/maj/1892430/-gens-du-pays-raconte-par-louise-forestier [Date de consulte : 7/12/2023]
Thomas, Suzanne (2006). « Gens du pays ». L’Encyclopédie canadienne. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/gens-du-pays [Date de consulte : 6/12/2023]
D’autres références
Córdoba Serrano, M. S. (2013). Le Québec traduit en Espagne : analyse sociologique de l’exportation d’une culture périphérique. Presses de l'Université d'Ottawa, Série : Regards sur la traduction.
Ninyoles, R. L. (2017). Conflicte lingüístic valencià: El País Valencià a l'eix mediterrani. Universitat d’Alacant.
Pomerleau, M. (2018). La traduction comme instrument paradiplomatique : langues, publics cibles et discours indépendantiste en Catalogne, Thèse de Doctorat, dirigée par Chantal Gagnon et Georges Bastin, Université de Montréal.
Rocher, G., & Marcotte, B. (1997). Politiques linguistiques et identité nationale comparées au Québec et en Catalogne. La nation dans tous ses états: Le Québec en comparaison. Harmattan Inc., Montréal.

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